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[Retour sur] Le Café des Sciences de la Transition Écologique : une rencontre chercheurs-élus sur la thématique de l'eau

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  • Le 25 février 2025
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A La Maison du Lac de Grand-Lieu, la deuxième édition du Café des Sciences de la Transition Écologique de Nantes Université a réuni le temps d’une soirée chercheurs et élus du territoire pour échanger autour des enjeux de l’eau et des zones humides. Retour sur ce moment hors les murs de l’Université.

Le Café des Sciences de la Transition Écologique (CSTE), qu'est-ce que c'est ?

Le CSTE, c’est une nouvelle action portée par la mission Culture Scientifique et Technique (mission CST) de Nantes Université qui entend créer du lien sur le territoire entre population et chercheurs autour des enjeux socio-écologiques. Avec une programmation itinérante, ouverte à une diversité de publics éloignés des questions environnementales ou de la culture scientifique, le CSTE a plusieurs objectifs :
 
  • Ouvrir de nouveaux espaces de rencontre attractifs, créatifs, inclusifs favorisant le débat et l’émulation
  • Horizontaliser la relation sciences-société
    • Rétablir l’intérêt et la confiance en la science
    • Renforcer la capacité d'agir des citoyennes et citoyens
    • Renforcer la participation des chercheuses et chercheurs au dialogue sciences-société
    • Favoriser la recherche-action et les sciences participatives
  • Co-construire les solutions d’aujourd’hui et le monde de demain
 
 

« Eau et zones humides : comment adapter son territoire aux grands enjeux environnementaux ? »

Telle était la (vaste) question proposée durant cette soirée. Pour faire le tour de l’état des connaissances scientifiques sur un sujet aussi large et complexe, pas moins de cinq chercheuses et chercheurs se sont mobilisés :
 
  • Mickaël Derangeon (Institut du Thorax), physiologiste expert des effets de la pollution de l’eau sur la santé, et vice-président d’Atlantic’eau en charge de la sécurité sanitaire, de la recherche et du développement.
  • Eric Gaume (GERS - UGE), hydrologue expert des crues et inondations.
  • Anaël Marrec (CFV), historienne des sciences et techniques experte de l’histoire des productions d’énergie dans l’estuaire de la Loire.
  • Séverine Misset (CENS), sociologue experte des mobilisations collectives dans l’estuaire de la Loire.
  • Agathe Van Lang (DCS), professeure de droit public experte en droit de l’environnement.
Le public était constitué d’une vingtaine de participants : élues et élus du département, des communes rurales voisines, de la Métropole, ainsi que de leurs équipes techniques. Du bassin versant du Lac de Grand Lieu aux bords de Loire, en passant par l’Estuaire ou l’Erdre, toutes ces communes sont aux prises avec des enjeux forts de préservation de la qualité et la quantité de l’eau douce disponible, de conservation des zones humides et de gestion des risques de sécheresse et d’inondation. Les participants se sont confrontés à ces problématiques en parlant d'abord du bouchon vaseux de la Loire et de la problématique de conservation de la qualité de l'eau dans les zones de captage du territoire. La discussion a continué ensuite sur les transformations du paysage par les activités agricoles et industrielles, et ses conséquences sur la gestion des ressources en eau, déjà fortement impactée par le dérèglement climatique. L'échange s'est conclu en présentant des notions d’évolution juridique de la définition des zones humides, et en rappelant que la relation entre représentation du monde et changement de comportement n'est pas intuitive et facile à prévoir.

Partage de savoirs, échange d’expériences de terrain, débat et intelligence collective : les participantes et participants sont repartis (très tard !) avec des réponses, des clés de compréhension, des idées et une motivation pour faire bouger les lignes dans l'objectif d'un avenir désirable et vivable.
 

Le CSTE est un terrain d’expérimentation pour horizontaliser les relations sciences-société.

Ce format permet de faire un pas de côté par rapport aux actions plus classiques de médiation scientifique, par exemple en alliant débats mouvants, outils d’éducation populaire et d’intelligence collective, et taille de groupe restreinte. Et surtout en laissant le temps et la place aux échanges. Cela passe également par la définition du cadre de la rencontre : en rappelant dès le début de l’échange que les chercheurs ne sont pas là pour donner des solutions, mais bien pour questionner des pratiques ou des résultats, apporter un éclairage différent et partager des savoirs.
 
Le champ d’action, lui, est éminemment politique. Et, forcément, devant l’ampleur du sujet traité, les participants se sentent à la fois inspirés et frustrés : on comprend mieux, on voit se dessiner des pistes d’action, et aussi on se rend compte du temps qu’il faudrait dédier pour faire le tour complet de la question. Les élus soulignent la rareté de telles rencontres : « Une occasion à part pour les élus de se rencontrer ». « Très bonne soirée, instructive, avec des échanges posés et riches. Merci. » rajoute une autre personne, soulignant la qualité, l’importance de cette action. « Format réussi ! A renouveler ! » conclut un participant. Cependant, malgré une discussion de près de 2h30, ils partagent aussi une même frustration : « dommage que cela passe trop vite ». Une piste serait de « peut-être cadrer un peu plus le sujet pour avoir la possibilité d’approfondir un peu plus ses différents aspects ».

Cette question est intéressante pour construire la suite de ce projet : Comment être exhaustif quand on parle d’enjeux interdisciplinaires de transition socio-écologique ? Quel équilibre entre prise de recul systémique et plongée dans les détails technico-scientifiques ?
 

Le mot de la fin à Laurent Devisme, Vice-Président des transformations écologiques et des médiations scientifiques de Nantes Université :

 

Nous aimerions que l'Université soit encore plus présente sur les territoires. Que ce soit pour aider à décrypter, pour comprendre des dynamiques qui se jouent sur nos territoires, et puis aussi pour éventuellement proposer des choses, pour être le poil à gratter peut-être, car c'est aussi notre rôle parfois d'interpeller. Il me semble qu’avec ce Café des Sciences de la Transition Écologique nous prenons au sérieux des questions vives. Et ce que je trouve intéressant, c'est qu’il s'agit d'apporter et d'échanger des connaissances et non des solutions. On comprend que les savoirs qui circulent sont des savoirs souvent ambigus, pris dans le social. Il faut penser les rapports très étroits entre le technique et le politique. Nous voyons bien aujourd’hui qu'on n'aurait aucun intérêt d'opposer ces univers. Continuer à développer la culture scientifique des élus, comme continuer à développer la culture politique des chercheurs, il me semble que c'est très, très utile. Enfin, du point de vue des sciences de la transition écologique, nous réalisons que nous pouvons dépasser assez facilement les frontières disciplinaires. En tout cas, ce sont des sciences politiques qui permettent de reposer des questions sur le partage nature-culture. Il faut faire de l'histoire culturelle, de l'histoire environnementale, pour éviter l'anachronisme psychologique. Il nous faut des humanités environnementales et nous essayons de les développer à l'Université.



La mission CST tient à remercier chaleureusement La Maison du Lac de Grand Lieu pour son accueil et son aide dans l'organisation de cette rencontre.
Le Café des Sciences de la Transition Écologique est une action soutenue par l’Union Européenne (projet FEDER CST By UN 3).

(c) Crédits photos : Nantes Université, La Maison du Lac de Grand-Lieu.

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Mis à jour le 05 mars 2025.